Le pétrole

( l'or noir)

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Camion  à semelle vibrante pour la recherche par émission d'ondes acoustiques

On remarque la présence d'un homme équipé d'un sismographe près du camion avant l'entrée dans le village

Pompes à balancier

appelées "Têtes de cheval"

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La recherche pétrolière est une histoire qui commence en 1959 sur le site dit "gisement de Villeperdue", permis de Montmirail-Les-Sièges. Elle est rapidement abandonnée parce que non rentable à l'époque et parce qu'il y a beaucoup de forages stériles. Le forage des Chanots à Rieux a continué à produire pendant plusieurs années.

Il y a  de nombreux forages d'exploration réalisés, sans suite, à l'époque. Pour mémoire: Tiercelieux (commune de Montolivet), MontBout (commune de Montenils), entre Hochecourt et Fontaine Armée, derrière la mairie de Mécringes, Artonges, Sablonnières.

Artonges forage pétrolier vers 1960

Forage d'Artonges en 1960

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La recherche recommençe dans la région de Montmirail, sur le gisement de Villeperdue, sous l'impulsion du pétrolier français Total et de l'américain Triton, en 1982, sur une concession de 141km². C'est un succès!

La concession est ensuite revendue à la société Coparex, puis à Lundin Petroleum qui regroupe, aux dernières nouvelles, ses actifs de France, Pays-Bas et Malaisie au sein d'une nouvelle entité dénommée IPC ( International Petroleum Corporation ).

En mars 2017, il reste 90 puits actifs (70 producteurs et 20 injecteurs) pour une production journalière d'hydrocarbures de 725 barils (1 baril=159 litres). La production est en chute régulière depuis les meilleures années qui se sont situées vers 1990-1991, en ce qui concerne Morsains.

A 1850 mètres de profondeur, dans le "Callovien inférieur", est enfermée l'huile de roche (pétrole) dont les réserves sont évaluées à cette époque à 75 millions de m3.

Ce pétrole est de très bonne qualité, comparable au Brent de la mer du Nord.

Le pétrole est extrait par pompage avec ces énormes pompes à balancier appelée "tête de cheval" soit naturellement quand il y a suffisamment de pression dans le réservoir ou par injection d'eau dans celui-ci pour augmenter cette pression. Par réchauffement, on sépare l'huile du gaz qui est brûlé et de l'eau qui sera réinjectée après traitement.

Un pipeline souterrain de 60 km de long est construit de Maclaunay jusqu'à la raffinerie de Grandpuits, pour éviter la noria de camions-citernes qui effectuent ce transport au début de l'exploitation. Les différentes plateformes sont elles aussi reliées directement au centre de Maclaunay.

En 2017, une nouvelle prospection géophysique par émission d'ondes acoustiques dans le sous-sol jusqu'à 2 à 3 km de profondeur,émises à partir de camions vibrateurs , déjà connue dans les années 80, recommence afin d'affiner les recherches.

Ces recherches semblent prometteuses.

Autre bonne nouvelle, heureusement, M Hulot, notre ministre de la transition écologique a découvert qu'en politique comme dans les automobiles, il y avait une marche arrière. Son projet de loi visant à arrêter " L'EXPLOITATION" de gaz et de pétrole sur le sol français, d'ici 2040, a été largement amendé par les parlementaires avant adoption. Les concessions marnaises seront au moins respectées jusqu'en 2047 et il y aura même possibilité d'extensions de concessions. En clair et pas dans la logique, sachant que la production sur le sol français représente environ 1% de notre consommation de pétrole, notre ministre propose d'acheter à l'étranger 100% de notre consommation au lieu de 99%. C'est certainement très vertueux mais hypocrite et en plus environ 75 salariés, dans notre secteur, risqueraient de perdre leurs emplois, sans compter les sous-traitants. Il faut certainement se pencher et agir pour la transition énergétique, car le pétrole est une source d'énergie non renouvelable, mais avec lucidité, pas dans la précipitation et pas à la recherche d'annonces médiatiques non constructives.

Cette richesse pétrolière bénéficie à tout le monde: création d'emploi, retombées financières pour les collectivités territoriales par le biais de la redevance des mines. Ainsi, la commune de Morsains, se retrouve, en 1991, être la 3ème commune la plus riche par tête d'habitant dans le département de la Marne. Si cela a bien changé depuis, cette manne financière a été bonne à prendre au passage.

une très vieille histoire....


La genèse des gisements d'hydrocarbures

Dans les profondeurs de la Terre, pétrole et gaz naturel naissent d'une transformation de la matière organique de plantes ou d'animaux morts. Leur genèse s'étale sur des millions d'années et nécessite des conditions de pression et de température particulières.

Quand un organisme vivant meurt, la matière qui le compose est généralement recyclée de deux manières différentes :

  • des charognards ou des bactéries s'en nourrissent…
  • exposée à l'air ambiant ou à des eaux chargées en oxygène, la matière résiduelle s'oxyde : les atomes d'hydrogène, de carbone, d'azote, de soufre et de phosphore qu'elle contient se combinent avec les atomes d'oxygène et se changent en eau (H2O), en gaz carbonique (CO²), en nitrates, en sulfates et en phosphates qui peuvent alimenter la croissance de nouvelles plantes.

La lente formation d’une roche mère

Une infime partie de cette masse organique, de l'ordre de 0,1 %, échappe à ce destin. Transportée par les cours d'eau, cette matière se dépose parfois au fond des mers ou au fond de grands lacs continentaux. Dans ces milieux peu oxygénés, peu agités par les courants, elle est en partie préservée. Elle se mêle à des matières minérales (particules d'argile ou sables très fins), mais aussi au plancton marin mort (animaux et végétaux microscopiques). Sous l'action de bactéries anaérobies, ce mélange se transforme en boues sombres et malodorantes.

Au fil du temps, ces boues s'accumulent et durcissent. Si elles contiennent au moins 1 à 2 % de matière organique, elles pourront jouer le rôle de roche mère qui, à terme, conduira à des gisements de brut (pétrole) et gisements de gaz. Ce pourcentage semble faible. Toutefois, pour qu'il soit atteint, le site concerné doit présenter des caractéristiques exceptionnelles :

  • un climat chaud favorisant le développement d'importantes quantités de plancton ;
  • la proximité de l'embouchure d'un grand fleuve charriant beaucoup de débris végétaux ;
  • pas de montagne à proximité pour limiter les volumes de sédiments minéraux.    

L’enfoncement de la roche mère

Très lentement, la roche mère s'enfonce dans la croûte terrestre sous le poids des sédiments : elle parcourt quelques mètres ou quelques centaines de mètres par million d'années. Cet affaissement progressif porte le nom de subsidence et débouche sur la formation d'un bassin sédimentaire.

Pétrole et gaz naissent au sein d’une roche mère

En s'enfouissant dans le sol, la roche mère est soumise à des températures de plus en plus fortes et la matière organique qui la compose se retrouve écrasée par le poids des sédiments, la pression augmentant en moyenne de 25 bars par 100 mètres. À un kilomètre sous terre, il fait 50 °C pour une pression de 250 bars!

Dans ces conditions physiques, les atomes d'azote, de soufre et de phosphore finissent par disparaître et la matière organique se transforme en Kérogène, un matériau intermédiaire composé d'eau, de CO2, de carbone et d'hydrogène, qui se changera ensuite en pétrole ou en gaz.

La formation du gaz et du pétrole

À 2 000 mètres de profondeur, lorsque la température du sous-sol atteint 100 °C, le kérogène commence à générer des hydrocarbures:

  1. entre 2 000 et 3 800 mètres, il se change en pétrole. Cet intervalle de profondeur est appelé « fenêtre à huile » (huile étant ici l'autre nom du pétrole) ;
  2. quand l'enfouissement de la roche mère se poursuit entre 3 800 et 5 000 mètres, la production d'hydrocarbures liquides atteint un pic. Les liquides produits deviennent de plus en plus légers et passent à l'état gazeux : ils donnent du gaz méthane, le plus léger des hydrocarbures. Cet intervalle de profondeur se nomme " fenêtre à gaz ".

60 millions d’années : le temps moyen de formation des hydrocarbures

Au-delà de 8 à 10 kilomètres, on ne peut plus trouver d'hydrocarbures : ils sont détruits à cause de l'élévation de la température. La proportion de liquides et de gaz dépend de la nature de la roche mère. Si les débris organiques qui la composent sont principalement d'origine animale, elle donnera plus de pétrole que de gaz. Si elle est constituée essentiellement de débris végétaux, la roche mère produira surtout du gaz.

Ainsi, avec une sédimentation moyenne de 50 mètres par million d'années, il faut 60 millions d'années pour que des animaux morts se transforment en hydrocarbures liquides. Dès lors, on comprend mieux pourquoi le pétrole est classé parmi les énergies non renouvelables.

(Extrait de "la genèse des gisements d'hydrocarbures" avec mes remerciements à www.planete-energie.com pour son autorisation de copie)